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L'ANGLETERRE A L'ECOSSE

PARTIE 1

Certainement l'un de mes plus beaux voyages à ce jour.

Ayant logé chez un couple de Français installés à Édimbourg depuis quelques années et personnellement ne sachant pas où j'allais, me laissant porter par mon instinct, sans plans ni volonté particulière, j'ai alors occulté une partie de l’Angleterre, pour me rendre rapidement en Écosse.

Sans hésitation, ce couple charmant, amoureux du même Gin allemand que moi, le "Monkey 47", un signe, m'indiqua alors la route à suivre pour découvrir le paradis des fées, des brumes et de la beauté.

Me baladant lascivement dans la belle Édimbourg, faisant trouver sa place à chacun de mes pas, je pensais déjà à mon volant de plastique qui me conduira là-bas.

La rue des pubs me séduira ce soir-là, faisant tester à mon foie de formidables Gins écossais, la qualité sera privilégiée à la quantité, n'en doutez pas.

Nous sommes en novembre 2014, les lumières trafiquent un de mes sens les plus sollicités ces derniers jours, les fêtes approchent et rien ne m'effraie plus que de ne pas savoir où je vais, mais c'est aussi très excitant. Certains pèlerins modernes seraient horrifiés de me voir avaler les kilomètres dans mon monstre de métal polluant, bien d'accord sur certains points, le cheminement de mon voyage m'apporte une certaine sérénité mêlée à une certaine angoisse, celle de ne jamais revenir au point A.

Dans ce dédale interminable, je ne vois que la joie et l'envie d'aller plus loin, le voyage a pris le contrôle sur mes jugements et je ne peux alors qu’apprécier le moment présent comme un cadeau.

Mais quelles belles images se trouvent devant moi dans ce road-trip en Grande-Bretagne ?

Quitter Londres et les amis pour méditer sur cette route en solitaire.

Dans le rétroviseur la belle campagne du Nord de l’Angleterre, verdoyante et exquise, offrant un doux pâturage aux troupeaux du coin.

Je suis seul ; Pas vraiment seul ; Mes yeux m'accompagnent et transmettent à mes émotions toute la beauté qui m'entoure. Pourquoi ne pas fondre en larmes devant elle, qui vous permet dans ce monde, d'être aussi indiscret dans les moindres détails ? Je la reluque et l'enlace par mes sens, ils sont alors tous en action, clouant mes pieds au sol, m’empêchant de m'en aller.

Mais quelque chose m'attend, une chose importante que je dois accomplir. Je ne peux rester avec vous madame beauté, vos paysages m'enchantent et je regretterais votre voix si silencieuse, mais je dois partir pour le nord de l'Écosse, ne m'en voulez pas, je ne vous oublierai jamais.

Ce nord de l'Angleterre ne m’était-il pas suffisant, qu'il fallait que je me traîne en acier jusqu'au nord de celui-ci ? Il me fallait accomplir un recalibrage de ma boussole interne et pour cela je devais visiter le nord, le toucher avant tout départ vers le sud, mais serais-je capable de m’arrêter en ce bout de terre ?

Mais où vais-je donc ? Où en suis-je dans mon parcours, mon périple, mon pèlerinage ?

Edinburgh the beautiful !

M'y voilà ;

Souriant aux éléments restant muets, j'ouvre mon âme à la partie la plus rouge de la ville, laissant introduire en moi, une partie de fierté écossaise. N'ayant pas envie de me transformer en charlatan, je n'en parlais pas autour de moi, laissant cette rougeur m'enivrer de son accent tourbé.

Que dois-je faire au son du violon criant, boire un autre Gin tonique ou m'en aller rêver à ces lendemains inconnus ? L’écossaise face à moi, dansant son pays derrière le comptoir n'avait pas de réponse à m'offrir, mais seulement cette question: un autre ?

"L'autre" se tue dans ma décision de rejoindre mes rêves de lendemains, afin de contempler ce que le monde avait décidé de m’offrir ce matin. J'acceptai ce cadeau aux mille merveilles, me laissant réveiller entre café léger et soleil levant.

Ma route continua au sein de cette Écosse qui me sortit ses plus beaux habits, des couleurs envoûtantes et une atmosphère unique. Elle me sortait donc le grand jeu et je ne pouvais que la remercier en continuant ma route.

Mais était-il vraiment possible de m'offrir plus de beauté ?

Petite brume matinale, prenant l'emprise sur mon moral, réveillant mes yeux ignoblement entrouverts, faisant appel à mon cœur, pour ne louper aucune miette de ce bonheur.

 

"Continue ! me cria-t-il, par l'entremise d'un corbeau audacieux. Ne laisse pas tes pas se faire retenir par toute cette beauté. Elle n'est que passagère et ton chemin en sera inondé. Continue ta route voyageur, souviens-toi de moi et laisse ma beauté se reposer. Adieu ou au-revoir, qui sait ?"

Trouvant ces deux parties lassées de ma présence, je les écoutai, me dirigeant fébrilement vers mon monstre de fer. Le partage de tout ceci doit-il se faire ou dois-je garder pour moi, les secrets d'un tel paysage ?


La voilà ma girouette, ma boussole, mon nord, mon point d’arrêt.

Le sud doit-il être face à moi ou dois-je encore lui tourner le dos ? Je ne sens rien qui confirme l'immobilité en réponse à ma question. Je dois alors continuer ma route, le nord m'est peut-être juste indiqué, ce château ne m'invitant pas à entrer est sûrement là pour m'indiquer la route.

Je m'en vais !

Qu'y a-t-il alors sur cette île ? La source de ma vie, de bons fruits de mer, un saumon fraîchement pêché ou tout simplement le voyage ?

Le voyage ! N'est-ce pas là, une réponse satisfaisante et suffisante, un indice prédicateur du futur ? De mon futur ?

Je ne peux encore exprimer ce que je ressens vraiment, j'admire et reste humble face à tant d’offrandes faites par la vie. Je commence par remercier et continue ma route sans trop comprendre où j’étais et pourquoi j’étais là.

On the road again, again...

Mademoiselle Lune Brume

Mademoiselle Lune Brume se trouvant sur ma route, se tenant fièrement, à l’écossaise, face à moi, ne me pria pas pour autant de m'incliner devant elle.

Elle voulait ce jour-là, avoir une conversation charnelle avec moi.

Me laissant admirer sa beauté et étant jalouse de son patronyme paysagiste, elle ordonna alors à la nuit de venir l'anéantir, afin que seule elle puisse briller, Mademoiselle Lune Brume alors se trouvait seule face à moi, notre conversation érotisante se finit assez tôt, me libérant de sa chair, me laissant accomplir ma mission.

"Attends ! Me hurla-t-elle. Le nord ne te laissera pas repartir ami du sud, je le connais très bien, je le visite de temps à autre, il me laisse regagner l'ouest à une seule condition et je t'en livre à présent le secret. Plante un caillou entouré d'une feuille morte dans la terre face à lui, recouvre-la bien de ton ombre et tourne-lui le dos sans jamais te retourner."

Ne prenant pas de drogue, je me demande bien si ce dialogue eut existé.

Et si l'Écosse était magique ?

N'y aurait-il pas une chose dans l’atmosphère qui change alors vos sens en poésie, ce paysage me le confirmera tout au long de mon voyage.

Vais-je alors trouver le bon caillou ? Le planterais-je ou accepterais-je alors de me faire constituer prisonnier par ce nord recherché ?

Lune Brume me laisse alors dans le noir.

Tableau noir

Ce road-trip est en deux parties, vous venez de lire la partie 1. Merci, cliquez ici pour lire la partie 2...

 

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